French Metal       V/A: Hors des sentiers battus
French Metal (sortie: 5 novembre 2007)

Afin de promouvoir une nouvelle fois notre musique favorite, le webzine French Metal produit sa cinquième compilation intitulée Hors Des Sentiers Battus, un double CD avec pas moins de 40 groupes.
Tout d'abord, une chose à souligner est que le seul critère pour sélectionner les artistes fut la qualité de la production. C'est vrai, vous pouvez parfois trouver des formations intéressantes sur ce genre de projet mais avec une piètre qualité de son, ce qui peut alors ruiner le reste de leur carrière à tout jamais (et les ventes d'un CD inégal par la même occasion) ! Pas de problème ici, d'autant plus qu'il y a de nombreux groupes expérimentés, parmi lesquels des formations bien connues de notre scène nationale, avec plusieurs albums à leur crédit: ZUUL FX, LYZANXIA, NO RETURN, HYPNOSIS… pour n'en citer que quelques uns. Mais il y a aussi une poignée de groupes étrangers "en compétition" (MNEMIC, IN-QUEST, SERGE et KINTRA).
Et qu'en est-il des autres ? Et bien… beaucoup de bonnes surprises, autoproduites mais bien produites, avec des inédits ou des morceaux à paraître sur album. Qu'elle est loin l'époque de la démo enregistrée dans un garage et sur un magnéto à cassettes ! Pour les plus jeunes d'entre vous: si, si, ça a vraiment existé !
Le premier CD est principalement composé de brutal Death Metal, Thrash et Indus'. Mais il n'y a pas la moindre trace de Black Metal. Du coup, MACHINA DEUS EX fait ici figure d'ovni avec sa musique atmosphérique mais aussi énergique. 
Par contre, le second CD est bien plus varié, avec des groupes qui mélangent allégrement Hardcore, Punk, Stoner, Metalcore et même Rap, tel LEITUSS et son dynamique Rappel au désordre. En fait, la plupart sont inclassables et c'est tant mieux ! Mais il n'y a absolument aucune trace de Black Metal ! Que se passe t-il ? Est-ce que les "légions de Satan" ne donnent que dans la production merdique ?
Un choix énorme donc sur ce double CD, avec une mention particulière pour le Metalcore accrocheur de N*CEST (à part le nom), mené par une chanteuse qui possède une voix éraillée à la Nina C. Alice de SKEW SISKIN mais dans un registre plus large.
Une compil' est un bon moyen de découvrir de nouveaux talents, Hors Des Sentiers Battus est l'outil idéal fait pour vous… Ah oui, j'ai failli oublier: il y a un morceau caché (mais facile à trouver) pour le plaisir, un remix Métal de Get This Party Started de PINK. Alors, allez-y !...Laurent

INFECTED MALIGNITY       Re:bel
Anticulture Records (sortie: 5 novembre 2007)

Et ça débute avec un instrumental (Waltz Of The Rebellion) plutôt calme mais qui s'énerve sur la fin, en tout cas pas une valse. Le deuxième morceau commence lui comme du Thrash avant que la voix ne devienne franchement Death Metal et ceci jusqu'au bout du CD. Mais pas du Death "old school", si l'on en juge par les parties de guitares très techniques qui émaillent cet album, même si ça bourrine bien en général, avec des passages un peu Hardcore mais également mélodiques. A peine le temps de se retourner (ou d'aller chercher un soda houblonné dans le frigo) que c'est déjà fini, avec six titres seulement, et plutôt courts en moyenne. Pourtant, les japonais (car c'en est) ne sont pas des bourreaux de travail d'habitude ?...Laurent

WINGER       Live
Frontiers Records (sortie: 9 novembre 2007)

Quatre albums studios en 18 ans, on peut dire que le bassiste/chanteur Kip Winger et ses collègues sont parcimonieux. Et alors ? Il vaut mieux proposer un très bon album tous les quatre ou cinq ans plutôt que deux sorties pas vraiment indispensables chaque année. Passons...
WINGER (le groupe) a commencé sa carrière discographique en plein milieu de la période Hair Metal américaine, avec des groupes comme WARRANT, POISON, CINDERELLA... ce qui veut dire qu'ils faisaient dans le genre Hard Rock américain classique du milieu des années 80. Toutefois, Winger (1988) et In The Heart Of The Young (1990) portaient tous deux en germe des sons plus originaux comme sur Rainbow In The Rose ou le "tube" Headed For A Heartbreak. Le groupe choisit de travailler cet aspect de sa personnalité et le résultat fut Pull (1993), qui se révéla alors comme leur album le plus original.
Et puis... WINGER disparut dans la vague des années 90, alors que ses musiciens s'engageaient dans d'autres projets: Kip Winger poursuivit sa carrière aux côtés d'ALICE COOPER tandis que le guitariste Reb Beach rejoignait DOKKEN et WHITESNAKE, et le batteur Rod Morgenstein partait frapper les peaux chez les DIXIE DREGS.
2006... treize ans après Pull, les trois membres originaux se réunirent pour enregistrer le très inattendu IV, épaulés par le guitariste John Roth. De nouveau un très bon album, qui remit WINGER en selle à l'endroit même où ils avaient jeté l'éponge en 1993.
On dirait que les musiciens sont finalement très contents de ce retour aux affaires, puisqu'ils ont décidé de reprendre la route et nous proposent finalement cet album live (aussi disponible en DVD). Ce double CD de 18 titres fera le bonheur des anciens fans comme des nouveaux, car WINGER nous offre une sélection de 16 morceaux répartis à peu près équitablement entre les quatre albums studio. Loosen Up, Easy Come Easy Go, Seventeen, Madalaine, You Are The Saint... vous ramèneront aux temps bénis (hem...) du Hair Metal tandis que des choses plus sophistiquées comme Blind Revolution Mad, Rainbow In The Rose, Generica, Junkyard Dog et, bien sûr, Headed For A Heartbreak passent l'épreuve de la scène sans aucun problème.
Un regret, quand même, car si l'interprétation est irréprochable, le tout manque un peu d'inventivité, mise à part la superbe variation à la batterie sur le riff final de Headed For A Heartbreak, nettement plus convaincante que le solo de batterie lui-même. Ah, je vous avais pas dit ? Un solo de batterie et un solo de guitare occupent chacun un morceau, comme au bon vieux temps. Etait-ce bien utile de conserver ça sur le CD ? A vous de voir !David

AXXIS       Doom Of Destiny
AFM Records (sortie: 16 novembre 2007)

Attention: les revoilà avec leur nouvel album Doom Of Destiny, onze titres de bonheur. Une pure jouissance, rien qu’à écouter la guest vocaliste Lakonia, qui nous asperge les tympans avec sa superbe voix sur quelques titres. Mais Bernhard Weiß, le chanteur leader, a toujours la hargne.
Un nouveau guitariste est arrivé dans le groupe: Marco Wriedt, tout juste 22 ans et une bonne maîtrise de son instrument, venu remplacer Guido Wehmeyer. Mais, à peine la galette mise dans votre lecteur, jetez-vous sur le morceau Father, FatherJean-Luc

BLOODLIGHTS       Bloodlights
Mate In Germany (sortie: 16 novembre 2007)

Sortis de nulle part, Norvège, avec à peine quelques infos (il faut me fignoler ça, les gars du bureau de promo), BLOODLIGHTS est la nouvelle créature de l’ex-GLUECIFER Captain Poon après la séparation de son groupe en 2005. Avec une bande de potes sortis de nulle part aussi (euh, trois potes seulement: c’est pas du Métal médiéval avec cornemuses et tout le tralala !), Captain Poon nous sort ce premier album qu’on pourrait qualifier de "Post-Punk Melodic Hard ’n Roll" (comment vous la trouvez, celle-là ? Faut pas que je vous la traduise, non plus ?). Oh, est-ce que je vous ai dit que c’était vraiment bon, aussi ?
Débordant d’un Rock ’n Roll brut de décoffrage, énergique et direct, avec de bonnes grattes bien rentre-dedans et des refrains accrocheurs, cette galette de 12 titres devrait ravir les fans des WILDHEARTS, des FOO FIGHTERS et ce genre de truc. Mais attention, ne réduisez pas BLOODLIGHTS à une simple nouvelle copie de X ou Y car ces gars ont leur propre personnalité. A mon avis, la référence la plus appropriée pour l’univers musical de BLOODLIGHTS serait les américains de RUTH RUTH (Laughing Gallery, un truc que j’avais vraiment apprécié il y a un bout de temps: 1995), car le chant de Captain Poon rappelle parfois celui de Chris Kennedy. Mais là, le son est plutôt différent, alors…
Bon, on va pas discutailler plus longtemps ! Contentez-vous d’aller acheter Bloodlights… si vous arrivez à le trouver: ça me paraît être seulement la troisième sortie du petit label Mate In Germany, dont je n’avais jamais entendu parler avant. Ces gens-là ont sacrément bon goût et j’ai hâte de voir ce qu’ils vont nous sortir après.David

CRYSTAL BALL       Secrets
AFM Records (sortie: 16 novembre 2007)

Groupe suisse qui a commencé sa carrière comme cover-band sous le nom de CHERRY PIE. Par la suite, ils ont écrit leurs propres morceaux et ont changé de nom. Maintenant, les voilà déjà avec leur sixième album, toujours dans leur propre style de Hard classique. Ecoutez-moi le morceau Secrets qui a donné le titre à l'album.Jean-Luc

TARJA       My Winter Storm
Spinefarm Records (sortie: 19 novembre 2007)

Enfin le premier véritable album solo de mademoiselle Turunen, dont je suis un grand fan depuis longtemps. Beaucoup à faire ici avec 18 et même 21 titres sur l'édition spéciale de My Winter Storm, mais vous pouvez d'ores et déjà décompter quatre intermèdes. Ouf !
Est-ce une réponse au Bye Bye Beautiful de ses anciens complices mais également amis d'enfance ? I Walk Alone (strictement rien à voir avec J. J. Goldman) est le premier morceau, qui met en place l'ambiance générale et il est grandiose. On y sent la fille blessée par cette triste "rupture", surtout si vous tenez compte du titre de l'album et du fait que Tarja ait déclaré qu'elle les aurait quittés après la sortie du NIGHTWISH de cette année. Mais c'était juste pour faire bonne figure et personne n'est dupe.
Mais revenons à nos moutons avec Lost Northern Star, plus lourd, avec de grosses guitares, avant le plus calme et symphonique The Reign (je sais maintenant qui est la reine) sur lequel elle démontre toute sa grâce et son talent. Les autres candidates peuvent aller se rhabiller ! Un autre clin d'œil avec l'intermède The Escape Of The Doll ? Peut-être. Mais à ce stade, tout le monde doit admettre que ce n'est pas un album au rabais, avec des arrangements de cordes majestueux et aussi des chœurs d'opéra sur Die Alive ou Sing For Me (et ils le font !). D'ailleurs, notre charmante finlandaise ne s'est pas entourée de manchots pour l'occasion: Doug Wimbish (basse, LIVING COLOUR), Alex Scholpp (guitare, FARMER BOYS), Earl Harvin (batterie, PET SHOP BOYS) et Torsten Stenzel (claviers, MOBY). Débarque alors de manière surprenante Poison, une reprise de Vincent Furnier (si vous ne savez pas qui est ce mec, sortez votre bible du Métal !) mais assez sympathique toutefois, suivie par deux chansons encore fabuleuses (Our Great Divide, Damned And Divine). Pour ceux qui se seraient endormis (bande de malpolis !), un cri masculin vous réveille juste avant l'entraînant Ciaran's Well (vous feriez mieux d'y plonger, direction l'enfer !) et le retour des guitares.
Et le voyage prend fin avec les toujours émouvants Minor Heaven et Calling Grace, sauf si vous avez l'édition spéciale, auquel cas vous pouvez écouter trois bonus: Damned Vampires & Gothic Divine et deux autres versions de I Walk Alone. Super ! Euh… le premier est une version un peu plus longue de Damned And Divine et d'autre part, je n'arrivais pas à trouver la différence entre le nouveau I Walk Alone et l'original. J'ai dû les décortiquer 317 fois pour découvrir l'horrible vérité: la "nouvelle" version est en fait la même, mais avec l'ajout de l'intro Ita, Missa Est. J'espère que c'est clair pour vous mais… tu parles de bonus ! En récompense, sortez vos binious pour le remix final, avec l'aide des gars de IN EXTREMO.
Désolé mais j'avais dit à propos du dernier disque de NIGHTWISH que c'est toujours pareil avec un album de treize titres, c'est deux ou trois de trop… et… hum… c'est vrai, je viens d'écouter ici 21 chansons (même si certaines se ressemblent un peu) sans m'en rendre compte ! Je pense que j'ai été une nouvelle fois ensorcelé par sa chaude voix fascinante ! Appelez-moi l'exorciste de garde !!!
Allez, redevenons sérieux. My Winter Storm n'est donc ni une pâle copie de NIGHTWISH (même si certains morceaux pourraient aisément figurer sur Dark Passion Play) ni un album complet d'opéra. Ce petit manque de cohérence, par l'alternance des deux styles, pourrait être son seul défaut.
Et ensuite ? Tout le monde sait qu'elle a largement les capacités d'interpréter des œuvres classiques dans les plus grands opéras (elle a d'ailleurs travaillé pour) mais est-ce qu'elle sautera le pas un jour ? En tout cas, ça serait marrant de voir des chevelus en jeans et blousons de cuir dans le public de La Scala de Milan ou d'entendre Wishmaster en rappel de La Chevauchée Des Vaches Qui Rient de Wagner (j'en profite au passage pour remercier mon confrère David de m'avoir suggéré ce fabuleux calembour) ! Sinon, elle peut toujours attendre quelques années, jusqu'à ce que Anette se fasse virer, pour revenir à la maison. C'est à la mode de nos jours !
On pourrait lui reprocher d'avoir chopé la grosse tête pendant la précédente partie de sa carrière mais pour l'heure, parmi les chanteuses de la planète Métal, Tarja est décidément (et de loin) la meilleure…Laurent