WINGER       Live
Frontiers Records (sortie: 9 novembre 2007)

Quatre albums studios en 18 ans, on peut dire que le bassiste/chanteur Kip Winger et ses collègues sont parcimonieux. Et alors ? Il vaut mieux proposer un très bon album tous les quatre ou cinq ans plutôt que deux sorties pas vraiment indispensables chaque année. Passons...
WINGER (le groupe) a commencé sa carrière discographique en plein milieu de la période Hair Metal américaine, avec des groupes comme WARRANT, POISON, CINDERELLA... ce qui veut dire qu'ils faisaient dans le genre Hard Rock américain classique du milieu des années 80. Toutefois, Winger (1988) et In The Heart Of The Young (1990) portaient tous deux en germe des sons plus originaux comme sur Rainbow In The Rose ou le "tube" Headed For A Heartbreak. Le groupe choisit de travailler cet aspect de sa personnalité et le résultat fut Pull (1993), qui se révéla alors comme leur album le plus original.
Et puis... WINGER disparut dans la vague des années 90, alors que ses musiciens s'engageaient dans d'autres projets: Kip Winger poursuivit sa carrière aux côtés d'ALICE COOPER tandis que le guitariste Reb Beach rejoignait DOKKEN et WHITESNAKE, et le batteur Rod Morgenstein partait frapper les peaux chez les DIXIE DREGS.
2006... treize ans après Pull, les trois membres originaux se réunirent pour enregistrer le très inattendu IV, épaulés par le guitariste John Roth. De nouveau un très bon album, qui remit WINGER en selle à l'endroit même où ils avaient jeté l'éponge en 1993.
On dirait que les musiciens sont finalement très contents de ce retour aux affaires, puisqu'ils ont décidé de reprendre la route et nous proposent finalement cet album live (aussi disponible en DVD). Ce double CD de 18 titres fera le bonheur des anciens fans comme des nouveaux, car WINGER nous offre une sélection de 16 morceaux répartis à peu près équitablement entre les quatre albums studio. Loosen Up, Easy Come Easy Go, Seventeen, Madalaine, You Are The Saint... vous ramèneront aux temps bénis (hem...) du Hair Metal tandis que des choses plus sophistiquées comme Blind Revolution Mad, Rainbow In The Rose, Generica, Junkyard Dog et, bien sûr, Headed For A Heartbreak passent l'épreuve de la scène sans aucun problème.
Un regret, quand même, car si l'interprétation est irréprochable, le tout manque un peu d'inventivité, mise à part la superbe variation à la batterie sur le riff final de Headed For A Heartbreak, nettement plus convaincante que le solo de batterie lui-même. Ah, je vous avais pas dit ? Un solo de batterie et un solo de guitare occupent chacun un morceau, comme au bon vieux temps. Etait-ce bien utile de conserver ça sur le CD ? A vous de voir !David